Collectanea Christiana Orientalia 21 (2024): 73-96
Charbel Nassif
Institut d'Études Sud-Est Européennes - Bucarest
Les gravures des livres imprimés au XVIII
e
siècle
au Monastère Saint-Jean-Baptiste à Khenchara Mont Liban
Limprimerie a joué un rôle important dans lhistoire de lédition des livres religieux au sein
du monde arabe chrétien. Avant lavènement de cette technique dimpression, la
reproduction des textes religieux était laborieuse et souvent sujette à des erreurs de copie.
Cependant, avec lintroduction de limprimerie, un nouveau chapitre sest ouvert pour les
communautés chrétiennes arabophones, leur permettant de diffuser plus largement leurs
livres de prières et de catéchisme dans leur langue maternelle. Cette avancée technologique
a non seulement facilité laccès aux textes sacrés, mais a également favorisé la préservation
et la transmission des traditions liturgiques au fil des générations.
Cet article vise à présenter le fonds livresque de limprimerie fondée par lalépin ʿAbd
Allāh ir
1
(1684-1748) au monastère Saint-Jean-Baptiste à Khenchara au XVIII
e
s.,
maison mère de lOrdre basilien choueirite. Bien que cette imprimerie soit affiliée à la
communauté grecque catholique résultant du schisme de 1724 au sein du patriarcat melkite
dAntioche, elle entretient des liens intrinsèques directs avec limprimerie dAlep et des liens
indirects avec limprimerie en Roumanie (Snagov, Bucarest). Au cours de cet article, nous
retracerons lhistoire de limprimerie de Khenchara et de ses antécédents. Ensuite, nous
explorerons les thèmes littéraires abordés par cette imprimerie, puis nous procéderons à
une étude iconographique des gravures, afin de conclure par une analyse synthétique sur
l’ornementation des livres imprimés à Khenchara.
Cet article fait partie du projet financé par le Conseil européen de la recherche (ERC) dans le cadre du
projet de recherche et d’innovation Horizon 2020 de l’Union européenne (accord de subvention No
883219-AdG-2019 Project TYPARABIC).
1
Sur la biographie de ʿAbd Allāh ḫir et l’histoire de son imprimerie cf., Paul Bacel, « Abdallah Zakher.
Ses premiers travaux (1680-1722) », Échos d’Orient 71 (1908), pp. 218-226 ; Paul Bacel, « Abdallah Zakher
et son imprimerie arabe », Échos d’Orient 72 (1908), pp. 281-287 ; Paul Bacel, « Dernières années
d’Abdallah Zakher », Échos d’Orient 73 (1908), pp. 363-372 ; Yūsuf Ḧāyiġ, « Tarğamat ḥayāt al-faylasūf al-
šammāsʿAbd Allāh al-ir », Al-Masarrah 34 (1948), pp. 385-396 (c’est l’édition du manuscrit Harissa,
Bibliothèque Saint-Paul 209, fol. 21v-33v qui relate la biographie de Zāḫir rédigée par son disciple
Yuwākīm Muṭrān) ; Aṯanāsiyṣūs Ḥāğ, Al-ruhbāniyyah al-bāsīliyyah al-šuwayriyyah (al-alabiyyah al-baladiyyah)
tārīḫ al-kanīsah wa-l-bilād (Jounieh : Maṭābiʿ al-Kraym al-Ḥadīṯah, 1974), pp. 423, 531-538, 551-554 ; Joseph
Nasrallah, Histoire du mouvement littéraire dans l’Église Melchite du V
e
au XX
e
siècle, vol. IV/2 (Louvain :
Peeters, 1989), pp. 111-114 ; Joseph Abou Nohra, « La première imprimerie au Liban à caractère arabes
(1733). Les origines et le rayonnement culturel », Parole de l’Orient 28 (2003), pp. 703-719; Būlus Nazhā,
250 ʿam
an
alā wafāt al-šammās al-ʿallāmah ʿAbd Allāh zāhir 1848-1998 mu’assis al-mabaʿah al-ʿarabiyyah al-ūlā
(Khenchara : Monastère Saint-Jean, 1998) ; Joseph Elias Kahalé, Abdallah Zakher. Philosophe, théologien et
fondateur de l’imprimerie arabe en Orient. Son époque. Sa vie. Ses œuvres (Paris: s.d., 2000). Ronney El-Gemayel,
« ʿAbd Allāh Zākhir », in : David Thomas, John Chesworth, Christian-Muslim Relations. A Bibliographical
History, vol. 12 (Leiden : Brill, 2018), pp. 101-107.
Charbel Nassif
64
Les melkites et limprimerie : De la Roumanie en Syrie
Dès 1685, le patriarche melkite Aṯanāsiyūs Dabbās entretenait de bonnes relations avec le
prince de la Valachie Constantin Brancovanu qui sintéressa à la situation des melkites au
Proche Orient. À sa demande, Branconvanu finance limpression de deux livres
liturgiques :
2
le liturgicon en 1701 à Snagov et lhorologion en 1702 à Bucarest.
3
Ceci
marqua un tournant important vers la réalisation dun désir ancien du clergé melkite : celui
de rendre accessibles aux prêtres de Syrie et du Liban des livres de prière dans la langue du
peuple, cest-à-dire larabe. En 1704, Aṯanāsiyūs Dabbās emporte avec lui de la Roumanie à
Alep, les outils typographiques utilisés pour les deux premiers livres et continua dans cette
ville lactivité commencée en Valachie.
4
Entre 1706 et 1711, douze livres religieux furent
imprimés en caractères arabes à Alep : un psautier (1706), un évangéliaire (1706), un
évangéliaire avec des commentaires (1706), un livre dhomélies de saint Jean Chrysostome
(1707), un épistolier (1707), un évangéliaire (1708), un évangéliaire avec des commentaires
(1708), un livre des prophéties (1708), encore un psautier (1709), un livres des homélies
dAthanase patriarche de Jérusalem (1711), le paraclitique (1711) et un livre sur la pénitence
et la confession (1711).
Cette liste de livres met en évidence que l’objectif principal de l’imprimerie d’Alep était
clairement de produire en priorité des ouvrages liturgiques, et des homélies destinées à
l’usage religieux et spirituel de la communauté melkite.
De 1745 à 1747, quatre livres furent imprimés au monastère Saint-Sabas de Iassy en
Moldavie par le Patriarche grec orthodoxe d’Antioche Silfastrūs :
5
le liturgicon ou al-qundāq
(1745), kitāb qaḍā al-aqq wa-naql al-udq suivi de risālāh mutaarah al-radd ʿalā ʿadam ġala
bābāwāt Rūmiyah (1746), kitāb al-ʿaša al-rabbānī
6
(1747), les travaux de deux synodes réunis à
Constantinople en 1723 et 1727 concernant la propagation du catholicisme parmi les
melkites antiochiens (1747).
2
Le premier livre arabe imprimé au monde est un horologion (kitāb ṣalāt al-sawāʿī). Il a été imprimé à Venise
en 1514 pour les chrétiens de Syrie. Voir, Charbel Nassif, « Kitāb ṣalāt al-sawāʿī (1514). Le premier livre
arabe imprimé au monde », in : Rami Wakim, C. Nassif, Facsimile Kitāb ṣalāt al-sawāʿī (Raboueh : Patriarcat
grec melkite catholique, 2024).
3
Dès le XVII
e
siècle, les patriarches melkites Aftīmiyūs Karma et Makāriyūs Ibn al-Zaʿīm ont également
pris contact avec Rome pour l’impression de l’euchologe et de l’horologion sans sultat. Cf. Charbel
Nassif, « Autour de l’euchologe melkite de Malatios Karmé», Proche-Orient chrétien 98 (2018), pp. 46-61.
4
Pour un aperçu d’ensemble sur l’histoire de l’imprimerie arabe chrétienne dans le monde ottoman, cf.
Ioana Feodorov, Arabic Printing for the Christians in Ottoman Lands. The East-European Connection (Berlin: De
Gruyter, 2023). Voir également Ioana Feodorov, « Livres arabes chrétiens imprimés avec l’aide des
principautés roumaines au début du XVIII
e
siècle. Un répertoire commenté », Chronos 34 (2016), pp. 7-49 ;
Virgil Cândea, « Dès 1701 : Dialogue roumano-libanais par le livre et l’imprimerie », in : Camile
Aboussouan (dir.), Le livre et le Liban jusqu’à 1900 (Paris : AGECOOP, 1982), pp. 283-291.
5
Cf. Ioana Feodorov, “Sylvester of Antioch’s Arabic Books Printed in 1747 at Bucharest”, Scrinium 19
(2023), pp. 5-27.
6
C’est la traduction arabe de l’ouvrage d’Eustratios Argentis sur le sacrement de l’Eucharistie et sur la
controverse entre orthodoxes et catholiques concernant l’azyme.
Les gravures des livres imprimés au XVIII
e
siècle au Monastère Saint-Jean-Baptiste
65
À l’exception du premier ouvrage, les publications issues de l’imprimerie d’Iassy sont
des écrits de controverse visant à défendre la foi orthodoxe tout en critiquant la foi
catholique. Rappelons que le patriarche Sylvestre est le premier patriarche orthodoxe issu
de la scission du patriarcat melkite en 1724. Le parti catholique choisit rāfīm anās
comme patriarche, qui a pris le nom de Kirillus.
ʿAbd Allāh ir : dAlep à Khenchara
ʿAbd Allāh Zāḫir peut être considéré parmi les grandes figures des melkites procatholiques
du XVIII
e
siècle. Originaire de amah, il est à Alep en 1684. Son père Zaariyyah
travaillait dans la joaillerie d son nom de famille al-Ḧayiġ. ʿAbd Allāh est surnommé
ir en raison de létendue de ses connaissances et de sa grande érudition. Il avait reçu sa
formation intellectuelle dans sa ville natale il poursuivait, avec son cousin Niqūlā al-
Ḧayiġ, futur supérieur général de lOrdre basilien choueirite, des études de grammaire et
littérature arabes chez le cheikh Sulaymān Al-Na (m. 1728) et des études en philosophie
et en théologie chez le Père Yūhannā Bajaʿ (décédé au début du XVIII
e
siècle) et Burus al-
Tulāwī (1655-1745). Sa maîtrise incontestée de larabe lui valut une étroite collaboration
avec les missionnaires suites particulièrement le Père Pierre Fromage (1678-1740) - qui
lemployèrent pour corriger leurs traductions arabes d’œuvres catholiques. Il semble que
ir opta pour le catholicisme après avoir lu la traduction arabe de louvrage de Maxime
de Péloponnèse intitulé kitāb al-silāḥ al-tiʿwa-l-sayf al-murhaf al-lamiʿ.
7
Il a collaboré avec le
patriarche Dabbās dans la transcription des manuscrits et surtout dans limprimerie arabe
dAlep qui la apporté de la Roumanie. La biographie de ir note que:
Il a fondé une imprimerie dans la ville dAlep avec laide de son frère, il a gravé les
matrices les poincons, les caractères et tous ses instruments. Il a imprimé de
nombreux livres, tout cela sans avoir observé dautres imprimeries et sans que
personne ne les ait guidés dans ce travail.
8
Cette assertion est indubitablement exagérée. Il est bien connu que Dabbas ait ramené avec
lui de Bucarest, la presse avec dautre outils essentiels, et que les matrices et les caractères
furent fabriquées à Alep. Anthime dIbère ou dautres typographes tels que Mihai, fils de
Stephan, disciple dAnthime, ou Syméon se seraient rendus à Alep pour réinstaller cette
imprimerie. Cest dans ce contexte que Zair a pu mettre en valeur ses talents dartiste et de
savant pour graver les matrices et fabriquer les nouveaux caractères arabes comme latteste
Virgil Cândea.
9
7
La version grecque fut publié par Dosithée à Bucarest.
8


9
Cândea, « Dialogue roumano-libanais par le livre et l’imprimerie », p. 287.
Charbel Nassif
66
Ses bonnes relations avec Dabbās durèrent jusquen 1722. En cette année, Le patriarche
Dabbas avait pris part au synode anti-latin
10
tenu à Constantinople. ir composa un
ouvrage contre ce synode intitulé : Al-tafnīd al-maǧmaʿ al-ʿanīd (réfutation du synode entêté).
11
De retour à Alep, Dabbās commença à persécuter les procatholiques. ʿAbd Allāh īr fut
obligé de quitter Alep en novembre 1722 et fit plusieurs séjours au monastère Saint-Jean-
Baptiste à Khenchara, au couvent maronite de Louaïzé et au couvent des jésuites à
Aïntoura résidait le Père Pierre Fromage. Durant son dernier séjour au couvent Saint-
Jean, Zāḫir commença à construire une grande salle pour abriter une imprimerie. Il y
retourna définitivement en 1731 et acheva la mise en place de limprimerie en 1733.
Les Annales choueirites
12
relatent quen 1727, ir prit la décision détablir une
imprimerie et se rendit à Alep pour acquérir les équipements nécessaires.
13
Cette déclaration
pourrait suggérer que certaines des polices de caractères et des matrices utilisées par ir
semblent avoir été transmises dAlep à Khenchara.
Daprès la biographie de ir, après avoir quitté Alep, ir sinstalla dans lun des
villages de Kesrouan au Liban, il entame la création de sa propre imprimerie avec le
soutien dun joaillier. De retour à Khenchara, il transporte avec lui ce quil avait
accompli et achève la mise en place de limprimerie.
14
Les Annales choueirites ajoutent que
son cousin, le Père Niqūlāwus Ḧāyiġ, a assigné le moine Yuwākīm Muṭrān pour assister
ḫir dans l’établissement de l’imprimerie.
15
Limprimerie est active entre 1733 et 1899.
Nous comptons 33 livres publiés par cette imprimerie dont 22 au XVIII
e
s. Certains livres
ont été réédités plusieurs fois selon le besoin.
Corpus du XVIII
e
siècle
10
Ce synode a été présidé par le patriarche œcuménique Jérémie III avec la participation du patriarche
d’Antioche Aṯanāsiyūs Dabbās, du patriarche de Jérusalem Chrysanthe I
er
et de douze évêques. Il visait à
combattre les idées propagées dans le livre d’Aftīmiyūs Ḧayfī Al-dalālah al-lāmiʿah. Le synode de
Constantinople dresse un formulaire de foi mettant en évidence les points fondamentaux séparant les
deux Églises grecque et latine. En 1723, Dabbās les traduisit en arabe, tout en les abrégeant, et les envoya
à Alep. Asad RUSTUM, Kanīsat Madīnat Allāh Anṭākyah al-ʿu 3, (Jounieh : Al-Mabaʿah al-Būlusiyya
1988), p. 132 ; Aurélien Girard, Le christianisme oriental (XVII
e
-XVIII
e
siècles). Essor de l’orientalisme catholique
en Europe et construction des identités confessionnelles au Proche Orient, Thèse de doctorat, École Pratique des
Hautes Études, Paris, 2011, pp. 535, 620, 624, 640.
11
Composé en 1723 à Khenchara, cet ouvrage traite des questions débattues entre l’Église grecque et
l’Église latine. Il est constitué d’une préface, de trois chapitres et d’une conclusion. Il fend la primauté
romaine, le filioque, le pain azyme, le purgatoire et la vision béatifique des saints. Zāḫir en composa aussi
un abrégé qui fut édité deux fois à l’Imprimerie catholique en 1865 et 1884.
12
Les Annales choueirites sont un long récit qui détaille, année par année, les grands événements concernant
l’histoire de l’Ordre basilien choueirite, le patriarcat d’Antioche, plusieurs archevêchés ainsi que l’histoire
civile. Cf. Charbel Nassif, « La scission de 1724 et ses répercussions jusqu’en 1729 racontées par les
Annales chouérites », in : Ronney El-Gemayel, Bernard Heyberger, La division du patriarcat grec d’Antioche -
Trois siècles plus tard (1724-2024) - Rétrospectives et prospectives (Beyrouth & Rome : CEDRAC & PIO, 2024),
parution prévue en 2024.
13
 Nous nous férons au manuscrit
conservé au monastère Jean-Baptiste à Khenchara au bureau de l’archimandrite Boulos Nazha (p. 22).
14
Yūsuf Ḧāʾiġ, « Tarğamat ḥayāt al-faylasūf al-šammāsʿAbd Allāh Al-ir », Al-Masarrah 34 (1948), p. 388.
15
Khenchara, Annales choueirites, p. 51.
Les gravures des livres imprimés au XVIII
e
siècle au Monastère Saint-Jean-Baptiste
67
L’imprimerie de Zāḫir est active après la scission intervenue au sein du patriarcat melkite
d’Antioche en 1724. Le processus d’établissement de l’imprimerie de ir a été marqué
par des circonstances particulières liées à cette scission ecclésiastique. Cela a probablement
influencé les objectifs et les motivations derrière la fondation de cette imprimerie, ainsi que
son rôle ultérieur dans la diffusion de livres de culte en langue arabe pour les prêtres de
Syrie et du Liban.
Nous avons pu diviser ces ouvrages en cinq catégories : spiritualité, liturgie, Bible,
catéchisme, et décrets et conciles. En effet, l’imprimerie de Khenchara avait comme
objectif premier la diffusion de la foi catholique en se concentrant particulièrement sur la
vie spirituelle des fidèles, loin de tout esprit apologétique. Imprimer des ouvrages
liturgiques ne constituait pas une préoccupation majeure pour les imprimeurs de
Khenchara. Ce n’est qu’en 1756, soit 22 ans plus tard, que limpression de livres liturgiques
commence, notamment avec lépistolier. Sur les 22 livres, nous comptons 14 ouvrages
rédigés par des auteurs catholiques occidentaux, traduits en arabe ou composés par des
auteurs catholiques orientaux.
Mizān al-zamān qisṭāsa badiyyat al-insān (1734)
Lauteur de cet ouvrage est Jean-Eusèbe de Nieremberg (1595-1658), un jésuite espagnol
connu pour son œuvre mystique. Ce livre aborde la distinction entre ce qui est éternel et ce
qui est temporel, en se penchant particulièrement sur le concept de vie éternelle.
16
En
parcourant les pages de ce livre, nous notons que ir était relativement limité dans ses
choix de décoration. Tout au long de cet ouvrage, il se limite à utiliser un seul motif A pour
former plusieurs décors ornementaux : début du chapitre, fin du chapitre ou du sous-
chapitre, encadrement et aussi une grande croix avec une base.
17
Un motif floral B figure
une seule fois à la fin de la Table des matières. Ce motif est déjà présent dans les livres
imprimés à Alep. On le trouve en position inversée dans le recueil des sermons de Jean
Chrysostome publié en 1707 (p. 3r), tandis quil est en position normale dans loctoèque
imprimé en 1711 (p. 107).
16
Pour aller plus loin, voir Carsten Walbiner, “The Appearance of Nieremberg’s De la diferencia entre lo
temporal y eterno in Arabic (1734). A Turning Point in the History of Printing and Publication in the Arab
World?”, in: Aurélien Girard, Bernard Heyberger, Vassa Kontouma (éd.), Livres et confessions chrétiennes
orientales. Une histoire connectée entre l’Empire ottoman, le monde slave et l’Occident (XVI
e
-XVIII
e
siècles) (Turnhout :
Brepols, 2023), pp. 427-440.
17
Ce motif apparaît fréquemment dans tous les ouvrages imprimés à Khenchara au XVIII
e
siècle. Nous
choisissons de le mentionner uniquement lorsque nous le jugeons nécessaire. D’autres motifs utilisés de la
même manière seront mentionnés comme tels : A
1
, A
2
, A
3
, A
4
, A
5
, A
6
, A
7
. Ces motifs se retrouvent à
différentes échelles, tant en taille réduite qu’en taille légèrement plus grande.
Charbel Nassif
68
Kitāb al-zābūr al-ilāhī li-Dāwūd al-nabī (1735)
Après une préface non paginée de dix pages sur limportance des psaumes dans la vie
spirituelle des chrétiens et sur la présente édition, ce psautier renferme les 150 psaumes
divisés en vingt cathismes. Il contient également les huit cantiques vétérotestamentaires
18
et
les deux cantiques néotestamentaires
19
chantés lors des matines du Grand Carême. Outre le
motif A repéré tout au long de ce psautier, on inclut aux pages 45 et 196 le motif floral B
emprunté de limprimerie dAlep.
Kitāb wağīz yaštamil ʿalā taʾammulāt rūḥīyyah li-ayyām al-usbūʿ (1736)
Cest un recueil de méditations spirituelles pour les jours de la semaine réalisé par un carme
à Alep en 1721. Dans la préface, lauteur évoque la cessité de la prière mentale et détaille
sa mise en application dans six étapes (la préparation, la lecture, la méditation, la gratitude,
loffrande, les demandes ou les supplications). ir utilise uniquement le même motif A
déjà évoqué. Aucun motif floral nest attesté.
Kitāb al-muršid al-masīḥī (1738)
Intitulé le guide chrétien, lauteur de cet ouvrage est Philippe dOutreman un prêtre français
de Valenciennes (1585-1652). Traduit par le suite Pierre Fromage et revu par Zāḫir,
louvrage est divisé en deux grandes parties, lune abordant la démarche pour séloigner du
péché et lautre explorant la réalisation de bonnes actions. Outre le motif A et le motif
floral B emprunté de limprimerie dAlep, qui figure uniquement à la p. 197, un chérubin
(motif C) conclut la table des matières au but de louvrage (p. [XI]). Il a été également
emprunté de limprimerie dAlep comme le témoigne lévangéliaire de 1706 (non paginé p.
492). Dans le premier livre issu de cette imprimerie en 1734, une croix est présente juste
après la table des matières. Cependant, dans louvrage de 1738, ir a reproduit cette croix
tout en y ajoutant un vase de fleurs (motif D), un nouvel élément emprunté de
lévangéliaire dAlep imprimé en 1706 (non paginé p. 366).
Iḥtiqār abāṭīl al-ʿālam (1739)
Ce livre en deux volumes est la traduction arabe de louvrage de Diego Estella (1524-1578),
un moine espagnol franciscain sur la vanité du monde.
20
Composé de 100 chapitres, ce sont
18
Deux cantiques de Moïse, cantique d’Anne mère de Samuel, cantique de Habacuc, cantique d’Isaïe,
cantique de Jonas, deux cantiques des trois jeunes hébreux.
19
Le Magnificat de Marie et le cantique de Zacharie.
20
Diego De Estella, Libro de la vanidad del mundo, vol. 1 (Salamanque : Mathias Gast, 1576), vol. 2 (Alcalá de
Henares : Iua Gracian, 1597).
Les gravures des livres imprimés au XVIII
e
siècle au Monastère Saint-Jean-Baptiste
69
des méditations très dévotes sur lamour de Dieu et la fugacité des choses de ce monde.
21
Le premier volume reproduit à la page de titre et à la dernière page (p. 579) le motif floral B
emprunté de limprimerie dAlep. Il reproduit aussi deux nouvelles croix, à partir du motif
A, à la fin de la table des matières et à la page suivante.
Iḥtiqār abāṭīl al-ʿālam (1740)
Le second volume est composée également de 100 chapitres. Il reproduit à la page de titre
le motif floral B. Un ange putti (motif E) vient conclure la table de matières (p. [XII]). Il a
également été emprunté de lévangéliaire dAlep (non paginé p. 461).
Kitāb al-zabūr al-ilāhī li-Dāwūd al-nabī (1740)
En comparant cette deuxième édition du psautier avec celui de 1735, il est notable que bien
que le contenu des pages soit identique mais la mise en page diffère. Par exemple, il arrive
quune ligne soit déplacée vers la page suivante, illustrant des variations dans la présentation
physique des textes. De plus, ce psautier comporte un annexe non paginé de seize pages
qui énumère les dix commandements, les sept commandements de lÉglise, les trois
conseils évangéliques, les sept sacrements, les quatre vertus cardinales, les trois vertus
théologales, les dix vertus morales, les sept dons de lEsprit Saint, les sept actes corporelles
de miséricorde, les sept actes spirituelles de miséricorde, les quatre conditions requises pour
la validité des bonnes actions pour avoir la vie éternelle, les sept péchés capitaux avec les
sept vertus qui sont contraires à ces péchés, les six péchés contre le Saint Esprit, les quatre
péchés qui demandent la vengeance de Dieu, les quatre sanctions, les cinq conditions
requises pour la confession et les seize signes qui témoignent que lon est un bon chrétien.
Ces ajouts marquent linfluence de la piété catholique chez les melkites catholiques après la
scission de 1724.
Le psautier de 1740 reproduit le chérubin (motif C) à la fin de la préface (p. 13)
22
et aux
pages 290, 366. Un ange putti (motif E) figure aux pages 211, 258. Le vase floral (motif D)
est reproduit également à la page 338. Rappelons que tous ces motifs ont déjà été attestés
dans les livres imprimés à Alep.
Muršid al-ḫāṭī sirr al-tawbah wa-l-iʿtirāf (1747)
Traduit par le jésuite Pierre Fromage à Alep en 1739 et corrigé par ʾAbd Allāh ir,
lauteur de cet ouvrage
23
est Paul Segneri (1624-1694), un jésuite italien connu pour ses
21
Yvette Cardaillac-Hermosilla, « L’éducation en Espagne au XVI
e
siècle d’Urdax à Salamanque », Lapurdum
Numéro Spécial 1 (1999), pp. 171-186.
22
Il n’y a pas d’espace dans le psautier de 1735 pour insérer un motif à la fin de la préface non paginée.
23
Paolo Segneri, Il penitente istruito a ben confessarsi, operetta spirituale da cui ciascuno può apprendere il modo certo di
ritornare in grazia del suo Signore e di mantenervisi (Bologne, 1669).
Charbel Nassif
70
ouvrages ascétiques. Cet ouvrage est un guide de pénitence, il explique au fidèle comment
se préparer à la confession (examen de conscience, examen des pensées, la contrition, la
gravité du péché) ainsi que ses bienfaits. Le motif floral B emprunté dAlep est reproduit
deux fois. Il conclut la préface (p. 11) et louvrage (p. 285). Un nouveau motif A
1
est utilisé
pour former plusieurs décors ornementaux.
Kitāb tafsīr sabʿat mazmūrāt min mazāmīr Dāwūd al-nabī (1753)
Cest le premier livre imprimé après le décès de ir survenu en 1748. Lauteur est le
jésuite Pierre Arnoudie installé au Liban en 1709 et décédé à Alep au service des pestiférés
en 1719. Ce livre traite de lexplication des sept psaumes connu sous le nom des psaumes
de pénitence.
24
Il est conclu par un index alphabétique sur les thèmes importants de la foi
chrétienne et dun autre index des citations bibliques expliquées dans ce livre.
Le motif floral B décore à la fois la page de titre et la page 232. Un décor floral sortant
de la gueule dune bête (motif F) conclut le premier index (p. 308). Cette gravure est
attestée dans deux ouvrages imprimés à Alep : le psautier de 1706 et le tétraévangile de
1708. La source originale de cette gravure est indubitablement lHorologion imprimé à
Bucarest en 1702.
Kitāb al-zabūr al-ilāhī li-Dāwūd al-nabī (1753)
Nous navons pas eu la possibilité dexaminer une copie de ce psautier.
Mutaar al-taʿlīm al-masīḥī al-multazim bi-maʿrifatihi kull muʾmin (1756)
Composé de 47 pages et divisé en neuf chapitres, ce livre est une série de courtes questions
et réponses sur la Trinité, lIncarnation, lÉglise, la prière, les châtiments, les
commandements de Dieu, le péché, les sacrements et les vertus.
25
Un nouveau motif qui
ressemble à un arbuste (motif G) et qui na pas dantécédents orne la page de couverture.
Kitāb al-rasāyil (1756)
Lépistolier est le livre qui renferme le texte des Actes des apôtres et des épîtres lus à la
divine liturgie. Le motif floral B figure à la page du titre. Larbuste (motif G) orne les pages
24
6, 31, 37, 50, 101, 129, 142.
25
Dans la partie traitant sur l’Église (pp. 12-15), on essaie de montrer que la Vraie Église est l’Église
romaine dont le chef est le pape, successeur de saint Pierre et on considère que les autres Églises sont les
Églises des hérétiques. Ce genre des idées antiorthodoxes se glisse discrètement dans un livre de
catéchisme destiné aux fidèles.
Les gravures des livres imprimés au XVIII
e
siècle au Monastère Saint-Jean-Baptiste
71
42, 64, 230, 312, 322. Après la préface, le motif A est employé pour créer une nouvelle
croix, avec une base de quatre lignes. Cette croix sétend sur une page entière.
Muršid al-kāhin (1760)
Traduit à Alep en 1739 et corrigé par ʿAbd Allāh ir, cet ouvrage de Paul Segneri est
composée de deux parties.
26
La première partie (23 chapitres) traite des obligations et
devoirs du prêtre, la deuxième partie (14 chapitres) traite des obligations du confesseur. Le
motif floral B emprunté dAlep est reproduit deux fois (p. 8, 179). Un nouveau motif A
2
est
également intégré dans lornementation de cet ouvrage. Ce motif a ses origines dans la
Bible arabe imprimé à Rome en 1671
27
et aussi dans louvrage de Dimitri Cantemir sur
lempire ottoman imprimé à Paris en 1743.
28
Kitāb al-Ūrūlūğiyūn (1763)
LHorlogion est le livre des Heures selon le rite byzantin. Le motif floral B emprunté
dAlep est reproduit quatre fois (p. 253, 389, 427, 482) alors que le motif G est reproduit
trois fois (p. 74, 542, 576).
29
Al-burhān al-arīḥ ḥaqīqat sirray dīn al-Masīḥ (1764)
ʿAbd Allāh ir a rédigé cet ouvrage à Alep en 1731. Composé de deux parties, il traite de
la Trinité et du mystère de lIncarnation du Christ. Le seul ouvrage imprimé de ir est
embelli par le motif floral B, présent à la dernière page (p. 169).
30
Kitāb al-zabūr al-ilāhī li-Dāwūd al-nabī (1764)
Cest la quatrième édition du psautier. Pendant 166 ans, le psautier a été réédité 15 fois
31
à
Khenchara. Une réédition nest pas une simple reproduction de la première version. Tout
26
La deuxième partie a été traduite de : Paolo Segneri, Il confesso ristruito (Brescia, 1673). Cet ouvrage a
également été traduit en syriaque. Cf. Mossoul, Couvent des dominicains 94, 303 fol. (XIX
e
s.)
27
Biblia sacra Arabica Sacrae Congregationis de Propaganda Fide ius suedita ad vsum ecclesiarum orientalium additis è
regionebibliis Latinis vulgatis, T. 2 (Rome: Congrégation de la Propagande, 1671), p. 21.
28
Ce motif est repéré uniquement une seule fois dans cet ouvrage. Dimitri Cantemir, Histoire de l’empire
ottoman, vol. 2 (Paris : Savoye, 1743), p. 73.
29
Nous avons examiné l’exemplaire de Munich dont les pages 1 et 2 sont manquantes.
30
Pour une description détaillée de cet ouvrage, cf. El-Gemayel, « Abd Allāh ir », pp. 103-107.
31
1735, 1739, 1753, 1764, 1770, 1780, 1797, 1809, 1820, 1823, 1846, 1863, 1871, 1894, 1899. Nazhā, 250
ʿam
an
ala wafāt al-šammās al-ʿallāmah ʿAbd Allāh Zāhir, p. 25.
Charbel Nassif
72
en gardant le texte intact, les graveurs ont changé les motifs ornementaux comme le
témoigne le tableau suivant.
32
Page
Psautier 1735
Psautier 1740
Psautier 1753
Psautier 1764
12
-
Chérubin (motif C)
Motif floral B
45
Motif B
-
-
211
Ange putti (motif E)
Arbuste (motif G)
258
Ange putti (motif E)
Arbuste (motif G)
290
Chérubin (motif C)
Croix (motif A)
338
Vase floral (motif D)
Rectangle (motif A)
366
Ange putti (motif E)
Arbuste (motif G)
Kitāb al-Ūkṭūyiḫus(1767)
Loctoèque renferme toute lhymnographie des huit tons pour les offices vespéraux et
matinaux des dimanches et jours de semaine. Quatre nouveaux motifs dinspiration
occidentale ornent ce livre liturgique. Un motif horizontal, présentant un ange putti portant
un panier de fruits sur sa tête avec des branches de fleurs (motif H), décore la page de
couverture et la page 330. Le motif I inversé, représentant une corbeille de fruits entourée
de guirlandes et dune coquille, se trouve à la page 219. La page 272 est ornée du motif J,
composé dun panier de fleurs surmonté dun soleil entouré de rubans, ainsi que de deux
oiseaux tenant une guirlande dans leurs becs. Nous trouvons également une illustration de
la Nativité du Christ (motif N) à deux endroits (p. 61 et 383), tandis quune croix formée à
partir du motif A apparaît à la page 456. Le motif B emprunté dAlep figure à la p. 478.
Le motif I a des ressemblances avec quatre motifs présents dans le livre de catéchisme
de Joachim Trotti impri à Bourges en 1747 et dans le livre de Paul Segneri sur la
pénitence.
33
Carole Belanger Grafton, dans son catalogue présente plusieurs motifs qui sont
également étroitement liés aux motif H et I.
34
D’autre part, le motif I est reproduit dans
l’euchologe imprimé au Mont Athos en 1759. Néanmoins, un aigle figure à la place du
panier.
35
Īdaḥ al-taʿlīm al-masīḥī (1768)
32
Dans la version de 1871, la préface, probablement jugée obsolète, a été exclue.
33
Joachim Trotti, Catéchisme, ou Abrégé de la doctrine chrétienne, à l’usage du diocèse de Bourges (Bourges : Francois
Toubeau, 1747), pp. 64, 104 ; Segneri, Il penitente istruito, pp. 4, 115.
34
Carol Belanger Grafton, Pictorial Archive of Printers Ornament from the Renaissance to the 20th century (New York
: Dover Publications, 1980), pp. 30 et 32-33.
35
Policarp Chitulescu, « Noută țides preîntâia tipografie arabă din Moldova șides preactivitatea tipografului
Duca Sotirio vici din Thassos », Apulum 61 (2024), fig. 25 (sous presse).
Les gravures des livres imprimés au XVIII
e
siècle au Monastère Saint-Jean-Baptiste
73
Rédigé par un curé parisien,
36
il a été traduit à Tripoli par Pierre Fromage en 1735. Ce livre
traite de différentes questions majeures concernant la foi chrétienne : le Crédo des apôtres,
lIncarnation du Christ et sa rédemption, le Saint Esprit, lÉglise, les sacrements, la vie
spirituelle du chrétien, le Notre Père, les commandements divins, les commandements de
lÉglise et le péché.
Larbuste (motif G) figure à la page 268. Le motif H est représenté trois fois : il conclut
la préface, la table des matières, et la page 367. Le motif I figure à trois reprises dans
louvrage, avec deux occurrences en miroir : à la conclusion de la table des matières et à la
page 230. À la page 161, il est représenté dans son orientation normale. Le motif J se
trouve aux pages 121 et 161.
Taʾammulāt ğahannam al-muʾa wa-ḥamāqat al-aaʾa al-faīʿa (1769)
Ce livre est composé de sept méditations sur l’enfer dont chacune est conclue par une
prière. Le motif B orne la page de couverture et la page 163. Le motif I inversé se trouve à
la fin de la préface (p. [IX]). On peut repérer lillustration de larbuste (motif G) à la page
110.
Kitāb qūt al-nafs (1772)
Ce livre évoque limportance de la prière mentale et sa nécessité à travers des épisodes de la
vie du Christ. Cet ouvrage se limite à représenter le motif I inversé à la page 345.
Kitāb al-nubuʾāt (1775)
Le Prophetologion est un livre qui contient les lectures vétérotestamentaires prévues pour
les vêpres et dautres services liturgiques tout au long de lannée liturgique. Cest le premier
livre imprimé à Khenchara à deux colonnes. Dans cet ouvrage, on a recours à trois anciens
motifs et trois nouveau motifs. À la page 95, Le livre de prophéties représente le motif F,
déjà attestée dans limprimerie dAlep et celle de Bucarest. Le motif I orne la page de titre
et la page 137. Le motif J orne la page 119. Deux nouveaux motifs floraux sont aussi
représentés : le motif K aux pages 3, 95 et 135 et le motif L à la page 226. Ajoutons aussi le
motif M, une figure humaine en position accroupie entouré dun complexe géométrique à
la page de titre et à la page 226.
36
Selon la préface : aad ḫawārinat madīnat Bārīs al-ʿaliyyah.
Charbel Nassif
74
Al-inğīl al-šarīf al-ṭāhir wa-l-mi al-munīr al-zāhir (1776)
Lévangéliaire imprimé en 1776 est louvrage de tous le plus luxueux. Destiné à lusage
liturgique, lévangéliaire est toujours posé sur le saint autel au-dessus de lantimension,
dlintérêt de lenrichir en 39 motifs ornementaux sans compter les croix et les simples
motifs constitué dun élément répétitif. Le Motif B trouve sa place à la page 293. Le motif
G se déploie à plusieurs reprises, notamment aux pages 181 (deux occurrences), 209 (deux
occurrences), et 260 (deux occurrences). Le motif H apparaît aux pages 121, 182, et 256. La
page de titre et les pages 38, 181, 226, et 268 accueillent le motif I. Le motif J se déploie aux
pages 226 et 277. Le motif K se distingue aux pages 99, 159, et 281. La page 315 est
marquée par le motif L. Quant au motif M, il embellit les pages 38, 209, et 268. Le motif Q,
illustrant le visage dun homme barbu dans une sorte de coquille se démarque à la page 140,
tandis que le Motif P, constitué dune frise architecturale avec trois anges putti, enchante la
page du titre et les pages 99, 181, et 315. Le motif R, représentant un nouveau vase floral,
émerge à la page 283. Le motif O constitué d’une tête humaine ailée, d émerge une
gerbe de fleurs et coiffée dun panier de fruits, apparaît à la page 180. La page 177 est
embellie par le motif S, une croix entourée dun motif floral. Le motif T, représentant un
cœur floral, orne la page 254. Le motif U, dévoilant un nouveau vase floral ainsi que le
motif V, une croix fleurie, sillustrent à la page 286. Enfin, la Vierge trônant entre deux
anges, le motif W, trouve sa place à la page 300, succédant à lévangile lu le 31 août,
commémorant la déposition de la précieuse ceinture de la Très Sainte Mère de Dieu et
toujours vierge Marie en léglise de Chalkoprateia à Constantinople. Ensemble, ces motifs
contribuent à la richesse visuelle et à la diversité artistique de louvrage en essayant de
conférer une esthétique visuellement captivante.
Le motif Q a une forte ressemblance avec le motif qui conclut la préface de louvrage
latin de lérudit catholique allemand Gaspar Schoppe (1576-1649) qui défend la foi
catholique imprimé en Allemagne en 1600
37
et avec un autre motif dun ouvrage grec sur
lHistoire des Patriarches de Jérusalem imprimé à Bucarest en 1715.
38
Lorigine du motif W, représentant la Vierge trônant entre deux anges, remonte à
plusieurs livres roumains imprimés au XVIII
e
siècle. Nous avons identifié trois gravures
similaires à celles de Khenchara, datant respectivement de 1712, 1714, et 1747. Ces
gravures ont été réutilisées dans plusieurs ouvrages ultérieurs.
39
Cependant, une variation
notable réside fréquemment dans le siège sur lequel Marie est assise. De plus, le Christ est
positionné sur le genou gauche de la Vierge Marie, tandis que dans lévangéliaire de
Khenchara, il est placé sur le genou droit.
La seconde édition de cet évangéliaire a eu lieu en 1818. Cette réédition est souvent
accompagnée dun changement de motifs ornementaux. À titre dexemple, un vase floral
37
Gasperis Schoppi Franci, Epistola de sua ad Orthodoxos migratione & de veritate interpretationis & sententi[a] e
Catholicae in ambiguis Scripturarum locis, & Controversis fidei capitibus (Ingolstadt : Typographie Adam Sartorius,
1600), p. [XV].
38
Ιστορία περί των εν Ιεροσολύμοις Πατριαρχευ σάντων (Bucarest : Typographie du Prêtre Stoikos Jakovitzis,
1715), p. 751
39
Oana-Lucia Dimitriu, Ilustrația cărții românești vechi din secolul al XVIII-lea în colecțiile Bibliotecii Academiei
Române. Gravura. Vol. 1. Țara Românească (Bucarest : Academie roumaine, 2023), pp. 335-336.
Les gravures des livres imprimés au XVIII
e
siècle au Monastère Saint-Jean-Baptiste
75
est remplacé par une image de la Vierge du Signe à la fin de la lecture du dimanche de la
Cananéenne (fig. 7, 8). Cette image est empruntée dun livre latin imprimé à Rome en 1737
consacré aux monnaies paléochrétiennes et à dautres objets précieux. Cet ouvrage a sans
doute passé sous les mains des imprimeurs de Khenchara. Ils ont graver limage avec la
légende en latin : antique joyau avec une simple échelle graphique accompagné de
linscription latine qui signifie « cette taille ». Nayant aucune maîtrise de la langue latine, les
graveurs ont reproduit également cette légende inutile dans un livre liturgique.
Lévangéliaire de 1776 est également orné de quatre portraits dévangélistes (fig. 1-4).
Pour les représenter, les graveurs de Khenchara ont puisé dans les livres imprimés à Alep.
Lors des recherches menées par léquipe du projet Typarabic dans les bibliothèques, il a été
découvert que lévangéliaire imprimé à Alep en 1706 contenait uniquement deux gravures,
représentant Jean et Luc (fig. 5, 6). Lévangéliaire de Khenchara reproduit fidèlement ces
gravures, à lexception dune légère différence : les graveurs de Khenchara ont ajouté un
paysage à gauche, tandis que les gravures dAlep se limitent à des traits simples. Dans les
gravures de Luc, Jean et Marc, on distingue à travers la fenêtre des rayons solaires perçant
les nuages. Sur la gravure de Luc, on aperçoit en arrière-plan une tour à peine visible. Sur
celle de Jean, on voit une maison avec un campanile et un arbre dépourvu de feuillage. Sur
celle de Marc, on voit une maison à coupole avec deux arbres. Les gravures d’Alep
présentent une moindre précision des détails par rapport à celles de Khenchara en raison
de l’utilisation de plaques en bois, tandis qu'à Khenchara, des plaques en cuivre ont été
employées ce qui confère aux portraits de Khenchara un grande finesse et élégance.
Lévangéliaire imprimé à Alep en 1708, grâce aux efforts de Daniel Apostol, renferme
les quatre gravures. Vera Tchenstsova a eu la possibilité de consulter cet ouvrage aux
Archives dÉtat russes des actes anciens (RGADA) et dy prendre des photos des gravures
des quatre évangélistes. Les graveurs de Khenchara ont reproduit la même gravure de
Marc, avec la même différence mentionnée précédemment. Cependant, la gravure de
Matthieu dans lévangéliaire de Khenchara diffère de celle présente dans lévangéliaire de
Daniel Apostol. Il semble que les graveurs de Khenchara aient puisé ailleurs pour cette
gravure. Oana Iacubovschi a déjà comparé cette gravure à celle dun livre en arménien, un
commentaire sur lévangile de Matthieu imprimé à Venise en 1737. Des recherches
ultérieures pourraient permettre délucider cette énigme.
Kitāb al-rasāyil (1779)
Lépistolier fut imprimé une seconde fois après 21 ans.
40
De nouveaux motifs (A
3
, A
4
, A
5
,
A
6
et A
7
) sont désormais utilisés pour former plusieurs décors ornementaux. Le motif A
4
est déjà repéré dans un euchologe slave (Trebnik) imprimé à Moscou en 1761.
41
Le tableau ci-après démontre que dans la deuxième édition de l’épistolier, les graveurs
ont remplacé lensemble des gravures.
40
Le P. Nazha a mentionné par erreur une édition de l’épisolier datant de 1770, alors qu’en réalité, cette
édition n’a jamais existé. La préface de l’édition de 1792 précise qu’il s’agit en fait d’une seconde édition.
Nazhā, 250 ʿam
an
ala wafāt al-šammās al-ʿallāmah ʿAbd Allāh Zāhir, p. 25.
41
Требник (Moscou :Tipografiia Grekopravoslavnaia Feodosiia Ioanninskago, 1761).
Charbel Nassif
76
1756
1779
Page de couverture
Motif B
Motif I et J
La page après la préface
Croix (motif A)
Croix et encadrement (motif
A)
Arbuste (motif G, 2 fois)
Motif U
p. 42
Arbuste (motif G)
Motif H
p. 64
Arbuste (motif G)
Motif J
P. 128
Croix (motif A)
Motif M
p. 134, 179
Bande rectangulaire (motif A)
Motif J
p. 201
Motif A
Arbuste (motif G, 2 fois)
Motif A
p. 224
Motif A
Motif H
p. 230
Arbuste (motif G)
Motif M
p. 257, 315
Bande rectangulaire (motif A)
Arbuste (motif G, 2 fois)
p. 312
Arbuste (motif G)
Motif J
p. 314
Motif A
Motif H
p. 322/323
42
Arbuste (motif G)
Motif L
p. 323/324
Bande rectangulaire (motif A)
Motif H
p. 403/404
-
Arbuste (motif G)
Kitāb al-Ūkṭūyiḫus (1784)
La première édition de l’octoèque remonte à 1767 et comptait 478 pages. La nouvelle
édition, quant à elle, est composée de 488 pages.
43
La simple comparaison entre les deux
éditions révèle des légères différences, indiquant ainsi que la seconde n’est pas entièrement
identique à la première. Lespace habituellement réservé à la décoration de motifs après la
conclusion de chaque ton a été considérablement réduit, ce qui explique la relative rareté
des motifs. Le motif I embellit la page 234, le motif J clôture la page 466, tandis que le
motif H conclut les pages 115 et 488. Ce tableau met en évidence de manière plus claire la
différence dornementation entre les deux versions mentionnées.
1767
1784
Motif H
Motif N
Motif H
motif I (inversé)
Motif I
42
Deux pages sont paginées 319 dans l’épistolier de 1758. On a pallié cette erreur dans la seconde édition de
1779.
43
La page de couverture manque dans l’exemplaire que nous avons consulté à Khenchara.
Les gravures des livres imprimés au XVIII
e
siècle au Monastère Saint-Jean-Baptiste
77
Motif H
Motif J
Motif N
Croix (motif A)
Motif J
Motif B
Motif H
Kitāb al-mağmaʿ al-lubnānī (1788)
Cet ouvrage renferme les actes du synode libanais maronite
44
tenu au monastère de Notre-
Dame-de-Louaïze à Kesrouan en septembre 1736. La table des matières est suivie de deux
pages distinctes. La première est agrémentée des motifs N, I, et L, encadrés par le motif A
1
.
La seconde page, encadrée par le motif A, est composée dune croix (motif A), avec les
motifs G et U positionnés de part et dautre de cette croix. La page 509 est ornée des
motifs I et J. La page 525 est ornée de deux motifs H et M. Le motif K illustrent les pages
538 et 539. La dernière page de louvrage (p. 558) est conclue par les motifs L et O.
Muršid al-ḫāṭī sirr al-tawbah wa-l-iʿtirāf (1794)
Cette deuxième édition diffère de la première édition du point de vue de l’ornementation.
La page de couverture est embellie par deux fleurs disposées en position miroir (motif X).
Juste après la table des matières, une page attire lattention avec un encadrement (motif A).
À lintérieur de cet encadrement, une croix (motif A) et quatre autres fleurs (motif Y)
attirent le regard. Le motif H figure aux pages 11 et 136. De même, le motif I est
représenté à la page 11. Le motif J, quant à lui, se déploie aux pages 129 et 157. Enfin, le
motif B se déploie à la page 285.
1747
1794
Page de couverture
Motif X
La page après la table des
matières
Motif A
Motif Y
p. 11
Motif B
Motif H
Motif I
p. 36
Motif I
p. 129
Motif J
p. 157
Motif J
44
Ce synode s’est notamment occupé de la réorganisation l’Église maronite en établissant des sièges
épiscopaux et délimitant les limites ographiques des diocèses. Elie Atallah (éd.), Le Synode libanais de
1736. Tome I : Son influence sur la restructuration de l’Église maronite. Tome II : Traduction du texte original arabe
(Paris &Antélias : Letouzey et Ané & Centre d’Études et de Recherches Orientales, 2001).
Charbel Nassif
78
p. 285
Motif B
Motif B
Manšūr Quds al-ab al-Sayyid kīriyū kīr Aġābiyūs al-bariyark al-anākī (1796)
Dans ce décret qui sétend sur 19 pages non paginées, le patriarche Aġābiyūs II Maar
(1796-1812) adresse une lettre datée de 20 septembre 1796 aux melkites dispersés dans les
patriarcats dAntioche, dAlexandrie et de Jérusalem, les informant de son élection
patriarcale. Il sadresse ensuite aux évêques melkites, les exhortant à accomplir leur mission
de manière irréprochable. Il implore également les prêtres de partager les enseignements
fondamentaux de la foi chrétienne avec les fidèles. En outre, il demande aux fidèles de
vivre pleinement leur foi chrétienne en suivant les principes de la charité, de lamour du
prochain et de la paix, et en contribuant ainsi à lépanouissement de la communauté
chrétienne. Les motifs I et J ornent la page de titre. Le motif floral K est présent à la
dernière page.
Qaf al-azhār ʿilm al-imma wa-l-asrār (1797)
Ce livre est composé de deux grandes parties. La première partie traite de la conscience
morale, de la loi, des péchés et des commandements. La deuxième partie traite des sept
sacrements. La page de titre est décorée avec le motif I inversé, situé en dessous de lui se
trouve le motif H. Le motif A est représenté deux fois. Le cadre de cette page est élaboré à
partir du motif A
4
. Les motifs J et M font leur apparition à la page 8. La page 9 est
entièrement décorée de motifs. Dans un encadrement formé par le motif A, l’arbuste
(motif G) et le motif U sont représentés de part d’autre d’une croix composée à partir du
motif A. De plus, le motif J est également présent au-dessus de la croix. Les motifs I et J
concluent la dernière page (p. 324).
Kitāb al-Ūkṭūyiḫus (1799)
Cest la troisième édition de l’octoèque. Le motif H embellit à la fois la page de couverture
et la page 115. Le motif N trouve sa place à la page 223, Enfin, le motif J se déploie à la
page 466, offrant une expression artistique captivante à cette dernière page du livre. Voici
un tableau récapitulatif de l'ornementation des trois éditions :
1767
1784
1799
Page de couverture
Motif H
Motif H
p. 61
Motif N
p. 115
Motif H
Motif H
p. 219
motif I (inversé)
p. 223
Motif N
p. 234
Motif I
Les gravures des livres imprimés au XVIII
e
siècle au Monastère Saint-Jean-Baptiste
79
p. 330
Motif H
p. 272
Motif J
p. 383
Motif N
p. 456
Croix (motif A)
p. 466
Motif J
Motif J
p. 478
Motif B
p. 488
Motif H
Conclusions
L’étude des motifs empruntés à l’imprimerie d’Alep et leur évolution au sein de
l’imprimerie de Zāḫir à Khenchara offre un fascinant panorama de l’ornementation
iconographique dans la production de livres au XVIII
e
siècle. Cette exploration révèle une
transition artistique notable, que nous souhaitons synthétiser en quelques éléments clés.
Les motifs B, C, D, E et F ont tous été empruntés de l’imprimerie d’Alep, comme
mentionné précédemment. À lépoque de ir, un certain désintérêt pour lornementation
iconographique est observable. On constate une restriction aux seuls motifs empruntés
dAlep. Cependant, après le décès de ir en 1748, une évolution significative se produit.
En 1753, lintroduction dun nouveau motif (le motif F) se démarque, toujours emprunté
dAlep, mais cette fois-ci originaire de Snagov. En 1756, une étape encore plus novatrice est
franchie avec lapparition du motif G, une création pure des graveurs de Khenchara. Cette
initiative démontre une capacité croissante à innover localement dans le domaine de
lornementation, marquant ainsi une période de créativité propre à la communauté des
graveurs de Khenchara.
Le motif B se distingue en tant que motif le plus utilisé dans le corpus, apparaissant dans
pas moins de 15 livres. Il est indéniablement apprécié : son esthétique remarquable ajoute
une touche de beauté unique à chaque livre où il est présent. En outre, les motifs C, D et E
ont été choisis pour orner deux livres chacun. Le motif F a été incorporé dans deux livres
distincts, lun datant de 1753 et lautre de 1772. Cette utilisation séparée sur une période de
près de deux décennies mérite dêtre mentionnée. Le motif I occupe également une place
significative, étant présent dans 11 livres. Sa popularité témoigne de son attrait artistique et
de son impact visuel au sein de la collection.
Tous les motifs A, à lexception du motif A
2
, sont employés de manière répétée pour
constituer divers décors ornementaux. Le motif A
2
se distingue en apparaissant de manière
unique, sans répétition. Les motifs A
5
et A
7
se manifestent exclusivement dans
lornementation de lévangéliaire datant de 1776.
Lévangéliaire de 1776 se distingue par son ornementation riche, composée de pas
moins de 18 motifs. La deuxième édition de lépistolier suit de près avec 15 motifs, tandis
que le concile libanais maronite présente une ornementation composée de 14 motifs. Il est
intéressant de noter que ces livres, destinés à un usage ecclésial et au clergé, ont été les plus
richement décorés, soulignant ainsi limportance accordée à leur aspect esthétique.
Labondance des motifs iconographiques et ornementaux dans les ouvrages liturgiques par
rapport à ceux destinés à un usage privé ou personnel sexplique par la profonde vénération
Charbel Nassif
80
que lÉglise byzantine accorde à limage religieuse. Ainsi, les ouvrages liturgiques, en tant
que véhicules privilégiés de la liturgie et de la spiritualité, sont embellis de manière plus
significative pour renforcer cette dimension visuelle de la foi au sein de la tradition
byzantine.
En comparant les gravures de Khenchara avec celles dAlep, telles que la page de
couverture de lOctoèque imprimé en 1711 et la gravure du prophète David dans le
psautier de 1706, nous trouvons que les gravures dAlep présentent une qualité supérieure.
Cette observation soulève la question de savoir si cette disparité résulte dun manque de
main-d’œuvre compétente à Khenchara ou de contraintes financières limitant les
investissements dans des techniques artistiques plus avancées. Il est possible que les
graveurs à Khenchara aient été confrontés à des fis techniques ou artistiques, ou que les
ressources financières disponibles aient limité leur capacité à atteindre le niveau de
sophistication artistique observé dans les gravures dAlep.
Ce nest quà partir de 1767, soit 42 ans après la création de limprimerie et 19 ans après
le décès de ir, que lemprunt de motifs à des ouvrages occidentaux commence à se
manifester. Cette période marque un changement significatif dans la source dinspiration
artistique, indiquant une ouverture plus tardive à linfluence des motifs occidentaux dans la
conception des œuvres imprimées à Khenchara.
Comme déjà mentionné, la réédition d'un ouvrage ne correspond pas nécessairement à
une reproduction fidèle de la première édition. Il est fréquent d’apporter des modifications
au niveau du texte ou de l’ornementation, et ces ajustements peuvent parfois entraîner une
variation du nombre de pages entre deux exemplaires du même ouvrage.
L’imprimerie de Khenchara se distingue comme l’une des plus importantes du XVIII
e
siècle au Proche-Orient, ayant joué un rôle crucial dans la propagation du catholicisme tout
en apportant une contribution significative à l’enrichissement de l’Église grecque melkite
par l’impression d’ouvrages liturgiques. Son héritage artistique est remarquable, fusionnant
les motifs iconographiques issus de la tradition byzantine avec des motifs occidentaux qui
ont été aussi utilisés dans des ouvrages orthodoxes, illustrant ainsi la diversité culturelle et
religieuse qui caractérise le milieu melkite.
Les gravures des livres imprimés au XVIII
e
siècle au Monastère Saint-Jean-Baptiste
81
Motif A
Motif A
1
Motif A
2
Motif A
3
Charbel Nassif
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Motif A
4
Motif A
5
Motif A
6
Motif A
7
Motif B
Motif B
Les gravures des livres imprimés au XVIII
e
siècle au Monastère Saint-Jean-Baptiste
83
Motif C
Motif D
Motif E
Motif F
Charbel Nassif
84
Fig. 1 : Jean l’évangéliste, Évangéliaire, Khenchara, 1776 (Bibliothèque de l’Académie Roumaine Bucarest)
Les gravures des livres imprimés au XVIII
e
siècle au Monastère Saint-Jean-Baptiste
85
Fig. 2 : Matthieu l’évangéliste, Évangéliaire, Khenchara, 1776
(Bibliothèque de l’Académie Roumaine – Bucarest)
Charbel Nassif
86
Fig. 3 : Luc l’évangéliste, Évangéliaire, Khenchara, 1776
(Bibliothèque de l’Académie Roumaine – Bucarest)
Les gravures des livres imprimés au XVIII
e
siècle au Monastère Saint-Jean-Baptiste
87
Fig. 4 : Marc l’évangéliste, Évangéliaire, Khenchara, 1776
(Bibliothèque de l’Académie Roumaine – Bucarest)
Charbel Nassif
88
Fig. 5 : Jean l’évangéliste, Évangéliaire, Alep, 1706
(Gotha Research Library, University of Erfurt, Theol 2°)
Les gravures des livres imprimés au XVIII
e
siècle au Monastère Saint-Jean-Baptiste
89
Fig. 6 : Luc l’évangéliste, Évangéliaire, Alep, 1706
(Gotha Research Library, University of Erfurt, Theol 2°)
Charbel Nassif
90
Fig. 7 : Évangéliaire, Khenchara, 1776 (Patriarcat grec melkite catholique Damas)
Les gravures des livres imprimés au XVIII
e
siècle au Monastère Saint-Jean-Baptiste
91
Fig. 8 : Évangéliaire, Khenchara, 1776 (Georgetown University Washington)
A
A
1
A
2
A
3
A
4
A
5
A
6
A
7
B
C
D
E
F
G
H
I
J
K
L
M
N
O
P
Q
R
S
T
U
V
W
X
Y
1. Mizān al-
zamān qisṭās
abadiyyat al-
insān (1734)
+
+
2. Kitāb al-
zābūr al-ilāhī li-
Dāwūd al-nabī
(1735)
+
+
3. Kitāb
wağīz yaštamil
ʿalā taʾammulāt
rūḥīyyah li-
ayyām al-usbūʿ
(1736)
+
4. Kitāb al-
muršid al-
masīḥī (1738)
+
+
+
+
5. Iḥtiqār abāṭīl
al-ʿālam (1739)
+
+
6. Iḥtiqār abāṭīl
al-ʿālam (1740)
+
+
+
7. Kitāb al-
zabūr al-ilāhī li-
dāwūd al-nabī
(1740)
+
+
+
+
8. Muršid al-
ḫāṭi’ sirr al-
tawbah wa-l-
i‘tirāf (1747)
+
+
+
Charbel Nassif
92
A
A
1
A
2
A
3
A
4
A
5
A
6
A
7
B
C
D
E
F
G
H
I
J
K
L
M
N
O
P
Q
R
S
T
U
V
W
X
Y
9. Kitāb tafsīr
sabʿat
mazmūrāt min
mazāmīr
Dāwūd al-nabī
(1753)
+
+
+
10. Kitāb al-
zabūr al-ilāhī li-
dāwūd al-nabī
(1753)
11. Muḫtaṣar al-
ta‘līm al-masīḥī
al-multazim bi-
ma‘rifati-hi kull
mu’min (1756)
+
+
+
12. Kitāb al-
rasāyil (1758)
+
+
+
13. Muršid al-
kāhin (1760)
+
+
+
+
14. Kitāb al-
Ūrūlūğiyūn
(1763)
+
+
+
+
+
15.Al-burhān
al-ṣarīḥ
ḥaqīqat sirrī dīn
al-Masīḥ (1764)
+
+
+
+
16. Kitāb al-
zabūr al-ilāhī li-
dāwūd al-nabī
(1764)
+
+
+
+
Les gravures des livres imprimés au XVIII
e
siècle au Monastère Saint-Jean-Baptiste
93
A
A
1
A
2
A
3
A
4
A
5
A
6
A
7
B
C
D
E
F
G
H
I
J
K
L
M
N
O
P
Q
R
S
T
U
V
W
X
Y
17. Ūkṭūʾīḫus
1767
+
+
+
+
+
+
+
18. Īdaḥ al-
taʿlīm al-masīḥī
(1768)
+
+
+
+
+
+
19. Ta’ammulāt
ğahannam al-
marī‘a wa-
ḥamāqat al-
ḫaṭ’a l-faī‘a
(1769)
+
+
+
20. Kitāb qūt
al-nafs (1772)
+
+
21. Kitāb al-
nubuʾāt (1775)
+
+
+
+
+
+
+
+
22. Al-inğīl al-
šarīf al-ṭāhir wa-
l-miṣbāḥ al-
munīr al-zāhir
(1776)
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
23. Kitāb al-
rasāyil (1779)
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
24. Octūʾīḫūs
(1784)
+
+
+
+
+
+
25. Kitāb al-
mağmaʿ al-
lubnānī (1788)
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
Charbel Nassif
94
A
A
1
A
2
A
3
A
4
A
5
A
6
A
7
B
C
D
E
F
G
H
I
J
K
L
M
N
O
P
Q
R
S
T
U
V
W
X
Y
26. Muršid al-
ḫāṭi’ sirr al-
tawbah wa-l-
i‘tirāf (1794)
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
27. Manšūr
Quds al-’Āb al-
Saʻīd kīriyū kīr
ʼAġābiyūs al-
baṭriyark al-
anṭākī (1796)
+
+
+
+
+
+
28. Qaṭf al-
’azhār ‘ilm al-
imma wa-l-
’asrār (1797)
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
29. Octūʾīḫūs
(1799)
+
+
+
+
+
+
Les gravures des livres imprimés au XVIII
e
siècle au Monastère Saint-Jean-Baptiste
95
Charbel Nassif
96
Abstract:
This article aims to present
the books of the printing press founded
by the Aleppian ʿAbd Allāh Zāḫir
(1684-1748) at the Saint John the Baptist
Monastery in Khenchara (Mount
Lebanon) in the 18th century, the
motherhouse of the Choueirite Basilian
Order. The Khenchara printing press
stands out as one of the most important
in the 18th century in the Middle East,
playing a crucial role in the spread of
Catholicism while making a significant
contribution to the enrichment of the
Melkite Greek Church through the
printing of liturgical works. Its artistic
heritage is remarkable, blending
iconographic motifs from the Byzantine
tradition with Western motifs, thus
illustrating the cultural and religious
diversity that characterizes the Melkite
environment.
Resumen:
Este artículo tiene como
objetivo presentar los libros de la
imprenta fundada por el alepino ʿAbd
Allāh Zāḫir (1684-1748) en el monasterio
de San Juan Bautista en Khenchara
(Monte Líbano) en el siglo XVIII, casa
madre de la Orden Basiliana Choueirita.
La imprenta de Khenchara destaca como
una de las más importantes del siglo
XVIII en Oriente Medio, desempeñando
un papel crucial en la difusión del
catolicismo y contribuyendo
significativamente al enriquecimiento de la
Iglesia griega melquita mediante la
impresión de obras litúrgicas. Destaca su
patrimonio artístico, que fusiona motivos
iconográficos de la tradición bizantina con
motivos occidentales, ilustrando así la
diversidad cultural y religiosa que
caracteriza el entorno melquita.
Keywords:
Printing; Engravings;
Catholicism; Byzantine liturgy; Western
motifs; Melkite Church.
Palabras clave:
Imprenta;
Grabados;
Catolicismo; Liturgia bizantina; Motivos
orientales; Iglesia melquita.